Cette semaine, des milliers de roboticiens se retrouvent à Sydney pour l’édition 2019 de la RoboCup, la plus grande compétition de robotique et d’intelligence artificielle au monde.
Après le Japon (Nagoya) en 2017 et le Canada (Montréal) en 2018, c’est l’Australie qui accueille cette année cet événement scientifique et technologique incontournable.
En 1996, un scientifique japonais, Hiroaki Kitano, actuel Président et CEO de Sony Computer Science Laboratories, lance à la communauté robotique un défi un peu fou afin de stimuler la recherche en la matière : mettre au point une équipe de robots totalement autonomes capable de vaincre l’équipe, humaine, championne du monde de football., à l’horizon 2050.
Depuis lors, la RoboCup s’est développée au-delà du challenge strictement lié au football, couvrant aujourd’hui l’ensemble des grands enjeux scientifiques et technologiques de la robotique autonome.
La compétition réunit tous les ans des milliers de participants formant des centaines d’équipes venant d’une cinquantaine de pays.
C’est l’un des événements technologiques les plus importants au monde en matière de recherche et d’éducation en robotique.
Chaque RoboCup est également l’occasion d’un Symposium International, haut lieu de présentation et de discussion de contributions scientifiques adressant un large éventail de domaines ayant trait à la recherche et la pédagogie en matière de robotique et d’intelligence artificielle.
La participation française de cette édition est tout sauf anodine : 6 équipes majors (dont une championne du monde depuis 3 ans) et 8 équipes juniors (collèges, lycées) ont fait le déplacement à Sydney.

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Les temps forts

La compétition de football est l’épreuve historique de la RoboCup : concevoir une équipe de vrais robots totalement autonomes pour le football permet d’explorer une voie alternative à celle des défis emblématiques de l’intelligence comme les échecs ou le go, peut-être plus proche de la complexité du monde réel.

D’autres compétitions (ou « ligues ») s’y sont développées au fil du temps, dans le but de fédérer l’ensemble de la communauté robotique.
Ainsi, la ligue Home vise à développer un robot compagnon « à la maison », tandis que dans le cadre de la ligue Rescue, les robots doivent sauver des personnes dans un site de catastrophe reconstitué.
La robotique industrielle est également présente à la RoboCup :
• la ligue Work : les compétiteurs concourent sur des épreuves reproduisant un environnement industriels muni de robots mobiles ;
• La ligue Logistic, où les compétiteurs explorent les concepts d’usine modulaire et mobile.
La RoboCup comporte enfin un volet éducatif très important : des centaines d’enfants et d’adolescents de 13 à 19 ans participent à la ligue junior.
Nous reviendrons sur l’édition 2019 de la RoboCup dans le n°59 de Planète Robots (septembre/octobre 2019) qui paraîtra fin août.

Bordeaux accueillera la RoboCup 2020

La RoboCup et ses milliers de robots viendront en France en 2020, accueillis en territoire néo-aquitain dans la ville de Bordeaux.
Il s’agit selon le comité RoboCup France d’une « formidable opportunité d’image, d’affaires et de développement tant pour la filière régionale que pour le territoire national » : opportunités d’affaires pour la filière régionale « autant grâce au salon professionnel qu’au travers d’échanges avec les laboratoires et les universités les plus en pointe dans leurs domaines » ; opportunité d’image pour la filière et le territoire, « confirmant sa place de leader national, notamment dans les domaines liés à l’usine du futur » ; opportunités enfin pour le milieu éducatif et universitaire de « susciter et accompagner des vocations parmi les jeunes, ainsi attirés vers des métiers d’avenir ».

Eric Bonnet

Pour suivre les événement de la compétition en temps réel, ci-dessous le lien vers la page de streaming de la chaîne Youtube de l’événement :

https://youtu.be/ipzRhQKEV28

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