[Vintage] Big Trak (1979) : un robot programmable de 31 ans prêt à reconquérir le monde !

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On a tendance à imaginer que les robots programmables sont une denrée récente mais en 1979, un robot de ce type, monté sur chenilles — le Big Trak — fit un véritable carton dans les foyers au moment de Noël…

C’est donc à la fin des années 1970 que la Milton Bradley Company (MB pour les intimes) mit au point ce véhicule électrique robotisé et programmable. Le robot était équipé d’une paire de chenilles entraînées par six roues et surmonté d’une petite lampe bleue qui émettait des sons dignes des jeux vidéo de l’époque. Il comportait également un clavier sur son dos, clavier sur lequel l’utilisateur pouvait entrer jusqu’à seize pas de programmation (qui étaient exécutés à la demande). Il était possible de joindre au robot des accessoires — comme une remorque qui pouvait se vider toute seule…

La carte mère du Big Trak, un aspect dépouillé
La carte mère du Big Trak – un aspect dépouillé !

Un principe proche du langage Logo de nos anciens MO5

La programmation était simple et se basait sur quelques ordres élémentaires : avance, recule, tourne à gauche, tourne à droite, pause, feu. Il suffisait ensuite de créer des boucles primitives comme « avance de vingt longueurs », « tourne à droite de quinze unités d’angles »… Pour faire un tour complet, le robot devait tourner dans la même direction de soixante unités d’angles. Le principe de programmation rappelait grandement le langage Logo (utilisé dans les écoles durant les années 1980 par les micro-ordinateurs Thomson), qui permettait de faire des dessins à l’écran au moyen d’un curseur en forme de tortue. Contrairement à ces derniers, le Big Trak ne fournissait pas la possibilité de programmer des boucles imbriquées. De plus, le robot ne possédait aucun autre senseur que la programmation aurait pu prendre en compte (pas d’événementiel).

Des clones du Big Trak sont encore construits de nos jours

Dès la grande époque commerciale du Big Trak, un premier clone était arrivé sur le marché russe : l’Elektronika IM-11 (appelé Lunokhod durant sa mise au point). Ressemblant en tous points à son modèle, cette version était équipée d’un senseur permettant d’arrêter le jouet lorsque celui-ci était bloqué ; on ne pouvait cependant pas lui adjoindre d’accessoires.
Deux sociétés semblent aujourd’hui avoir une licence de ce produit et préparent chacune un clone de l’original. Zeon (Bigtrak 2010) ressort l’engin tel que nous l’avons connu il y a trente ans. Dubreq (Bigtrak is back !!!), elle, a amélioré le robot pour l’adapter au marché d’aujourd’hui, tout en le vendant moins cher, et lui a donné le nom de Bigtrak Jr. Ce dernier pourra être équipé d’accessoires originaux comme un lance-missiles ou une caméra.

Bigtrak Jr, notre ami remis au goût du jour — équipé ici d'une caméra.
Bigtrak Jr, notre ami remis au goût du jour — équipé ici d’une caméra.

Le Bigtrak bientôt sur la Lune ?

Les utilisateurs d’autrefois ont grandi, mais ont gardé un certain attachement à leur robot. Et de nombreux hacks (modifications matérielles) existent sur le Net. Le microcontrôleur TMS1000 de Texas Instruments, lui, a été reprogrammé et des senseurs ont été ajoutés. La société Dubreq caresse même le projet de lancer un Bigtrak amélioré sur la Lune en tant que rover d’exploration. Le 12 juin 2010, un exemplaire du bébé a été envoyé dans la stratosphère à bord d’une fusée expérimentale (Bigtrak Express), puis est redescendu en parachute comme un grand.

Screetch
Tiré de Planète Robots n°5 (Septembre 2010)

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