A moins de 20 jours de l’ouverture du SITL 2026, le rendez-vous international du transport et de la logistique, Catherine Rousselot, directrice marketing du salon, nous présente les enjeux de cette édition
Pouvez-vous nous présenter l’édition 2026 ? Sous quels auspices se présente-t-elle ?
Le transport et la logistique traversent une phase de transformation profonde. Marquée à la fois par un contexte international instable et par une exigence accrue de performance opérationnelle. Les entreprises doivent aujourd’hui conjuguer compétitivité économique, résilience des chaînes d’approvisionnement et accélération des transitions digitale et environnementale. À ces défis s’ajoutent des enjeux déterminants liés à l’organisation, aux compétences et à l’attractivité des métiers. Lesquelles conditionnent la capacité du secteur à évoluer durablement.
C’est dans ce contexte exigeant que s’inscrit l’édition 2026 du SITL. Celle-ci se tiendra du 31 mars au 2 avril 2026 à Paris Nord Villepinte (Hall 7). Plus qu’un rendez-vous annuel, le salon s’affirme comme un moment stratégique. Où les professionnels du transport, de la logistique et de la supply chain viennent décrypter les mutations en cours. Et identifier des leviers d’action concrets.
Les visiteurs pourront y découvrir une offre couvrant l’ensemble de la chaîne logistique. De l’intralogistique à la livraison finale : robotique et automatisation d’entrepôt, solutions IT & data, pilotage des flux, traçabilité, transport, équipements et services. Ainsi que des innovations dédiées à la décarbonation et à l’optimisation énergétique.
Mais le SITL 2026 ne se limite pas à exposer des solutions. Il se positionne comme un véritable accélérateur d’innovations. Et un carrefour d’influence. Favorisant les rencontres, la co-construction et l’émergence de réponses concrètes aux défis du secteur. Dans un environnement en mutation rapide, l’ambition est claire : permettre aux acteurs de mieux anticiper, décider et transformer leurs organisations.
La souveraineté est au cœur des enjeux actuels ? Quel acuité cette question revêt-elle dans la logistique ?
La question de la souveraineté est devenue centrale dans la logistique. Car elle touche directement à la capacité des États et des entreprises à sécuriser leurs flux, leurs infrastructures et leurs outils industriels. Les crises successives ont mis en lumière la dépendance à certains fournisseurs, technologies ou corridors logistiques, parfois situés hors d’Europe.
Dans ce contexte, la logistique n’est plus seulement un sujet opérationnel, mais un enjeu stratégique et politique. Elle concerne la maîtrise des infrastructures (ports, entrepôts, hubs), des données logistiques, des capacités industrielles et des technologies critiques. La souveraineté logistique passe donc autant par l’organisation des chaînes d’approvisionnement que par les choix technologiques, notamment en matière d’automatisation, de robotique et de systèmes d’information.
Le SITL est précisément un lieu où ces questions sont abordées de manière transversale, en croisant logistique, industrie, innovation et territoires, afin de réfléchir collectivement à des modèles plus résilients et plus autonomes.
Pour parler plus précisément de robotique intralogistique, les robots mobiles (AGV, AMR), portés par le e-commerce, ont davantage le vent en poupe que les robots industriels. Et fait naître des géants européens comme Exotec. Quel regard portez-vous sur ce secteur ?
La robotique intralogistique est aujourd’hui l’un des domaines les plus dynamiques de l’innovation logistique. Le développement des robots mobiles, qu’il s’agisse d’AGV ou d’AMR, s’explique par leur capacité à répondre à des besoins très concrets de flexibilité, d’adaptabilité et de rapidité de déploiement. Dans un contexte marqué par l’essor du e-commerce, l’omnicanalité et la variabilité des volumes, ces technologies offrent une réponse plus souple que les robots industriels traditionnels. Souvent plus rigides et plus complexes à intégrer.
Ce qui caractérise la maturité actuelle du secteur, c’est la convergence entre la robotique et les systèmes logiciels. Les innovations les plus remarquables ne portent plus uniquement sur le robot en tant que tel. Mais sur son intégration au sein d’un écosystème intralogistique global, piloté par des WMS de nouvelle génération. Ces systèmes orchestrent en temps réel les flux, coordonnent les ressources humaines et robotiques, et s’appuient de plus en plus sur des briques d’intelligence artificielle pour anticiper les pics d’activité et optimiser la performance globale des entrepôts.
C’est précisément ce que le SITL mettra en lumière à travers l’une de ses Tech-xplorations consacrée à l’intralogistique, dédiée aux innovations les plus marquantes en matière de robotisation et de WMS. Ce format permettra d’illustrer très concrètement comment ces technologies s’articulent aujourd’hui sur le terrain. Et quels gains mesurables elles apportent en termes de productivité, de fiabilité et de réactivité.
Une zone de démonstrations « ROBOT DEMO »
SITL présentera également cette année une zone de démonstrations « ROBOT DEMO ».
L’émergence d’acteurs européens comme Exotec est à ce titre particulièrement révélatrice. Elle démontre la capacité de l’écosystème européen à développer des solutions robotiques compétitives à l’échelle mondiale. En combinant excellence technologique, compréhension fine des usages logistiques et maîtrise logicielle. Le secteur est clairement entré dans une phase de déploiement industriel, où l’enjeu n’est plus de prouver la faisabilité, mais d’intégrer ces solutions de manière progressive, durable et créatrice de valeur pour les organisations.
A l’heure où l’IA est partout, comment transforme-t-elle les métiers de la logistique ?
L’intelligence artificielle transforme profondément les métiers de la logistique. Mais de manière souvent plus discrète qu’on ne l’imagine. Elle agit d’abord comme un outil d’aide à la décision. En améliorant la prévision, le pilotage des flux, l’optimisation des tournées ou la gestion des stocks.
Concrètement, l’IA permet aux professionnels de passer d’une logique réactive à une logique plus prédictive. Les métiers évoluent vers davantage d’analyse, de supervision et de pilotage, plutôt que d’exécution pure. Cela implique une montée en compétences, mais aussi une revalorisation de certains rôles, notamment autour de la data, de la coordination et de la gestion des exceptions.
L’enjeu n’est pas de remplacer l’humain, mais de mieux articuler l’humain et la technologie. L’IA devient un levier pour améliorer la performance, la résilience et la qualité de service, à condition d’être intégrée de manière progressive, éthique et alignée avec les réalités opérationnelles.


