Retrouvez Planète Robots en
version numérique sur :

The Future of Work : entretien avec Isabelle Lamaison Donato, Directrice Innovation France, Inetum

The Future of Work : entretien avec Isabelle Lamaison Donato, Directrice Innovation France, Inetum

Inetum, leader européen des services et solutions digitales, participait pour la première fois cette année à Viva Tech. Plus de 45 conférences étaient organisées sur le stand de l’ESN où experts, partenaires technologiques et clients ont pu témoigner sur le développement des IA Génératives. Pour tous et à l’échelle.

Publicité

L’occasion pour Isabelle Lamaison Donato, Directrice Innovation d’Inetum France, de présenter le programme de recherche Future of Work, et de répondre à nos questions.

AR/VR/XR, métavers, IA génératives : quelle est la valeur ajoutée de votre programme Future of Work ?

Ce programme est une innovation majeure pour Inetum France. Et je suis ravie que les équipes aient pu la présenter à nos clients, prospects et partenaires. Le monde du travail évolue. Les usages aussi. Que l’on soit collaborateur, manager, dirigeant… entreprises et institutions ne se pilotent ni ne s’organisent plus vraiment comme avant. Les interactions ont changé. Le temps s’est raccourci. Grâce à nos leviers technologiques et une approche centrée sur les usages nous faisons de ces changements des leviers de productivité et d’efficacité pour les organisations.

Concrètement, pourriez-vous nous en dire plus ?

Ce programme est simple. Nous aidons nos clients à gagner en impact en intégrant l’intelligence artificielle générative et l’informatique spatiale. De manière pragmatique, nous déployons ces cas d’usage auprès d’une population pilote. Tout au long du programme, nos partenaires partagent leurs résultats, nos équipes montrent les avancées technologiques et tous ensemble nous travaillons à l’analyse des retours d’expériences qui nous sont faits. L’objectif est simple : détecter des usages à impact pour les entreprises et apporter une solution technologique éprouvée et efficace tant sur l’aspect technique que sur son déploiement auprès des collaborateurs.

Quels vont être les premiers pilotes ?

Le premier pilote lancé, avec les équipes Ressources Humaines d’Inetum, porte sur formation aux soft-skills de nos collaborateurs avec l’usage des humains virtuels. C’est-à-dire des personnages virtuels animés par une IA générative.

De véritables séances de mise en situation et de coaching sont proposées sur des thèmes aussi différents qu’un entretien de mobilité professionnelle, une discussion autour de l’évolution salariale ou la gestion d’un collaborateur difficile… Et cela, avec un assistant virtuel qui est là pour vous aider à monter en compétences.

D’autres pilotes sont en cours d’identification avec nos partenaires. Ils sont pour certains plus tournés vers un usage régulier des mondes immersifs pour la collaboration de nos équipes. L’objectif fixé est de mettre en place un niveau de connaissance partagé. Et ce à tous les niveaux hiérarchiques. Bien sûr, cela concerne les informations essentielles à la bonne marche de l’entreprise. Par exemple sur des bonnes pratiques, des processus ou du contenu documentaire. Plutôt que de multiplier les réunions physiques, ou digitales, nous proposons un environnement professionnel augmenté où les consignes sont automatiquement redescendues auprès des équipes. On gagne en efficacité.

Le management est renforcé, légitimé. Et les collaborateurs ont toutes les cartes en mains pour avancer.  À nos yeux, c’est incontestablement le sujet de l’usage qui est primordial. Et pour le servir, nous avons la chance d’avoir des technologies à disposition dont nous maitrisons la roadmap. Puisque que ce sont les nôtres. Dans le cadre du programme Future of Work, nous nous projetons, entre autre, sur la façon d’utiliser les outils déjà en place –  les systèmes d’informations, les datas – pour amener une expérience utilisateur qui permettra d’accélérer le travail au quotidien.

Après la vague du métavers, puis celle de l’IA, quelle est selon vous la prochaine étape technologique importante qui va impacter les organisations ? Une mixité de ces technologies ? Ou bien l’enjeu de la nécessaire décarbonation ?

Le métavers manquait d’usage. En réalité, le phénomène était vraiment lié à la tech. D’un seul coup, tout le monde s’est dit qu’on allait pouvoir évoluer dans un monde virtuel. Mais finalement, pour y faire quoi ? La bulle de l’IA générative, elle, constitue un autre phénomène. Car même si les use cases peuvent mettre du temps à être identifiés et priorisés, les applications concrètes sont de plus en plus évidentes pour les entreprises et les institutions et la société en général. Le sujet devrait donc prendre encore de l’ampleur dans les mois et les années qui viennent comme le démontre toutes les annonces récentes des majors du secteur.

La décarbonation est un point clé. L’un de nos arguments phares avec la réalité virtuelle, consiste à dire : « Arrêtons de déplacer des gens pour faire des simulations, des mises en situation ou des formations ». Cela ne signifie pas qu’il faut arrêter le présentiel. Mais c’est clairement un moyen de répondre aux enjeux de sobriété auxquels nous devons répondre. Chez Inetum, nos convictions en la matière sont élevées.

Pourriez-vous nous donner plus de détail sur la technologie employée dans le cadre du Future of Work ?

Le programme s’articule principalement autour de deux technologies : L’IA générative qui modifie déjà en profondeur notre manière de travailler, et les mondes immersifs ou augmentés qui sont un moyen plus naturel d’accéder collaborativement aux données de l’entreprise et à l’IA générative qui y est incarnée sous la forme d’assistants virtuels.

Nous avons les outils aujourd’hui pour s’en affranchir : Intraverse, notre plateforme d’expériences immersives et les IA génératives via notamment notre GenAI Hub.  Nos outils permettent d’aller vers des expériences où on donne à tous largement la possibilité d’accéder facilement à de l’information pertinente.

Par exemple dans notre premier pilote, la GenAI est présente derrière les avatars que nous avons créés pour s’entrainer.

Ce à quoi l’on assiste, c’est à la possibilité pour le coach et le formateur d’exercer leur rôle  de conseil et d’accompagnement en étant spectateur de la scène plutôt qu’acteur.

L’enjeu autour de notre programme du Future of Work est de pouvoir créer des expériences qui apportent de la valeur aux collaborateurs et aux entreprises. Avec ce programme, nous sortons du principe selon lequel tous les « sachants » doivent être présents de bout en bout dans un processus d’accompagnement des collaborateurs pour éviter la rupture d’information ou de connaissance. Chez Inetum, c’est un véritable accompagnement que nous proposons aux utilisateurs. Le présentiel doit continuer d’exister. C’est un complément essentiel, comme le montrent les évènements que nous organisons dans nos Fablabs, où encore notre présence sur des salons comme  VivaTech.

Pensez-vous que ces outils vont rapidement devenir « transparents » pour les utilisateurs au sein des entreprises ?

Peu à peu les interactions seront de plus en plus naturelles. Par ailleurs, quand on arrive dans une organisation, il n’est pas toujours très simple d’obtenir certaines informations,  pertinentes et fiables. Et bien grâce à la technologie, cela sera différent…et on pense qu’en effet, cela sera  fluide pour les usagers.

Depuis le lancement d’Intraverse d’Inetum il y a un an, la formation est-elle toujours  au cœur de votre projet…

Plus que jamais. Surtout à travers la mise en situation comme c’est le cas avec le FUTURE OF WORK. Au-delà du fait d’apprendre, c’est de se dire : « Je suis en situation, je peux exercer et j’accélère mon apprentissage ». Dans le domaine du nucléaire, se former peut présenter des contraintes en termes de management de la sécurité. L’avantage de la réalité virtuelle, est de pouvoir mettre en situation des collaborateurs, des instructeurs, des managers… Dans des situations complexes à mettre en place dans la réalité.

L’autre sujet au cœur du Future of Work réside dans la gestion RH et particulièrement celle des soft skills…

Tout à fait. Avoir les bonnes pratiques, bien se comporter, avoir la bonne réaction… tout cela est essentiel aujourd’hui. L’arrivée des IA génératives et l’évolutions de nos pratiques et de nos métiers nécessitent des softskills particulières telles que la flexibilité, l’esprit critique… Le sujet est donc essentiel pour toutes les entreprises

Nos avatars sont guidés par des bots auxquels on peut adjoindre des humeurs, des réactions… Par exemple, nous avons montré à nos clients et partenaires lors de notre matinée du 6 juin dernier comment former des managers à gérer une situation complexe avec une collaboratrice virtuelle qui réclame une augmentation de 10%. Et qu’en dépit de ses qualités, on ne pourra pas lui accorder cette hausse de salaire très importante. Nous avons prompté l’avatar de cette collaboratrice avec par exemple les indications de son état d’esprit du moment. « Si je n’obtiens pas mes 10%, je m’en vais, j’ai des propositions ailleurs ».

Nous avons également prompté son caractère et sa capacité de gestion de ses émotions. On peut la voir au départ très souriante, ensuite agacée puis en colère en fonction des réponses de son interlocuteur. La mise en situation est donc vraiment totale. Et c’est un énorme plus pour les DRH, RRH qui sont venus assister à cette simulation. Et qui aujourd’hui peuvent s’exercer en continu à des situations complexes à gérer. Chez Inetum, nous sommes fiers de pouvoir mettre la tech au service de l’apprentissage et de la formation… une des clés de la réussite et de l’impact en entreprise quel que soit son rôle ou sa fonction.

Propos recueillis par Eric Bonnet

The Future of Work: l’IA et l’immersif pour booster la carrière des collaborateurs

Le 6 juin dernier, Inetum organisait un événement dédié au Future of Work dans son FabLab parisien. De très nombreux DRH y participaient. L’occasion pour ceux-ci d’expérimenter les solutions de l’ESN. Et d’aborder des cas d’usage comme la mise en situation d’un manager lors d’un entretien annuel d’évaluation.  Ceci via les Virtual Humans, la nouvelle fonctionnalité de la solution Intraverse d’Inetum. Laquelle lui permet d’offrir à ses clients du secteur de l’industrie, de l’éducation ou encore de la banque, de très nombreuses possibilités pour la mise en situation et la formation. Ci-contre la table ronde sur le Future of Work ouverte par Sylvie Duranton, directrice du Fablab Paris. Participaient à celle-ci Isabelle Lamaison Donato, Eve Royer, DRH d’Inetum, Julien Casarin, Head of XR-Innovation Department d’Inetum, Nicolas Bassan, Open Mind Neurologies, et Hedi BOURGUIBA, Omind Neurologies

 

Partagez cet article

Eric Bonnet